Une séparation désormais actée
Cette fois, il n’y a plus de flou : Sanyo Gutiérrez et Gonzalo Alfonso vont bien mettre fin à leur association. L’annonce, faite par Alfonso sur Instagram, confirme que la paire disputera encore ses derniers tournois ensemble avant de tourner la page. Une issue qui n’a rien d’anecdotique, tant ce duo avait suscité de la curiosité par son profil hybride, entre expérience, variation et puissance. Reste à comprendre comment un projet prometteur a pu s’essouffler aussi vite.
Une association née dans le mouvement de l’été 2025
Le duo n’est pas né cet hiver, mais au début de l’été 2025, lorsque Gonzalo Alfonso a choisi de s’aligner avec Sanyo Gutiérrez à partir du Bordeaux P2. À ce moment-là, la paire intrigue : Alfonso sort de la parenthèse très exposée des “Magicos”, Sanyo cherche un nouveau cadre, et l’idée d’un tandem mêlant lecture du jeu, main droite classique et percussion côté gauche a de quoi séduire. Leur entrée en matière à Bordeaux est d’ailleurs plutôt propre, avec une victoire inaugurale avant un match accroché face à Arturo Coello et Agustín Tapia, battus seulement en trois sets.
Ce premier signal a entretenu l’idée d’un projet viable. Les profils semblaient complémentaires, et la suite de 2025 a offert quelques repères : les fiches officielles FIP créditent la paire d’un quart de finale à l’Acapulco Major puis d’un autre à Rotterdam, preuve qu’il y avait bien un potentiel compétitif derrière l’association. En clair, cette séparation ne concerne pas une paire sans relief, mais un binôme qui n’a jamais réussi à transformer des flashs en trajectoire durable.
Pourquoi la paire a décroché aussi vite
Le vrai tournant, c’est le lancement de 2026. Sur le papier, la demi-finale au FIP Platinum de Marseille pouvait servir de base. Dans les faits, le tandem n’a pas confirmé sur le circuit principal : élimination au premier tour du Riyadh Season P1, puis nouvelle sortie prématurée au Gijón P2. Premier Padel a même relevé que Javier Valenzuela et Javier Martínez avaient déjà battu Sanyo et Alfonso en Arabie saoudite avant de les dominer encore à Gijón, cette fois en deux sets. Autrement dit, les mêmes failles ont refait surface en quelques semaines.
Ce qui a manqué, au fond, ressemble moins à un problème de niveau pur qu’à une question de continuité. Sanyo reste un joueur de variation, de tempo, de bandeja qui organise le point. Alfonso, lui, vit davantage dans l’accélération, le volume et la prise d’initiative. Sur une séquence courte, ce mélange peut surprendre. Sur plusieurs tournois de suite, il demande des automatismes très fins. Les résultats du début d’année suggèrent justement qu’ils n’ont jamais eu le temps, ou la marge, pour les installer vraiment. C’est une lecture des matches et du contexte, plus qu’une explication officiellement formulée par les joueurs.
Une annonce sobre, des effets immédiats
Le post Instagram de Gonzalo Alfonso donne le ton. Il écrit : « des mois d’apprentissage et de plaisir à tes côtés », puis « Cancún et Miami seront nos derniers tournois ». Le registre est affectif, respectueux, mais il laisse aussi passer une idée forte, relayée dans un message au ton apaisé, qui laisse entendre une envie de finir plus libérés
Pour la suite, le calendrier est déjà posé : Cancún P2 puis Miami P1 fermeront le dossier, avant un possible redécoupage du marché des paires en vue du Qatar Major, programmé du 6 au 11 avril. Le classement FIP place actuellement Sanyo au 29e rang et Alfonso au 30e, ce qui en fait deux profils encore très attractifs au moment de recomposer les tableaux. À ce stade, la séparation est donc plus qu’une rupture : c’est un mouvement qui peut créer d’autres ajustements en chaîne sur le padel mondial dès les prochaines inscriptions.
À retenir :
- Sanyo Gutiérrez et Gonzalo Alfonso ont acté leur séparation.
- Avant de se quitter, les deux Argentins doivent encore disputer le Cancún P2 puis le Miami P1.
- Le début de saison 2026, trop fragile en résultats, a accéléré la fin du projet.
- Le message publié par Alfonso officialise la rupture et ouvre déjà la séquence suivante sur le marché des paires.
