- Des chiffres qui tirent les pelleteuses
- Le goulot d’étranglement : le permis, plus que la demande
- Pourquoi les demandes de nouveaux courts se multiplient
- Glasgow, symbole de la poussée au nord
- Les régions les plus dynamiques : Londres, Manchester, Bristol, Leeds… et après ?
- Ce que ce boom change concrètement
- À retenir
- Références et lectures utiles
Des chiffres qui tirent les pelleteuses
Le Royaume-Uni a basculé en quelques saisons dans une autre dimension. L’indicateur le plus parlant reste l’infrastructure : la LTA annonçait 1 000+ courts disponibles en juillet 2025 (1 004 précisément), répartis sur 325 sites, après une progression continue depuis 2019.
Autre signal fort : au-delà du simple effet de mode, les plateformes de réservation et les opérateurs décrivent une pratique qui se densifie (créneaux pleins, listes d’attente, nouveaux formats, ligues internes). Et quand le planning déborde, la suite est mécanique : on dépose des dossiers, on cherche des surfaces, on transforme des parkings et on convertit des friches.
Dernier marqueur “proche 2026” : des données de plateforme relayées en février 2026 indiquent que le nombre de joueurs réservant via l’application a progressé d’environ 125% sur l’année 2025 (avec, en miroir, une hausse marquée des réservations mensuelles). À ce niveau, la demande ne “pousse” plus seulement les clubs : elle pousse la filière entière (constructeurs, collectivités, investisseurs) à multiplier les projets.
Le goulot d’étranglement : le permis, plus que la demande
Le cœur du sujet “infrastructures”, en 2026, se résume souvent à un mot : planning. Le padel se construit vite sur le papier, beaucoup moins vite dans la vraie vie britannique. Bruit, éclairage, hauteur des structures, circulation et stationnement : chaque projet coche des cases sensibles, surtout à proximité de zones résidentielles.
Et cette tension se voit dans les chiffres. Selon des données de la plateforme Searchland, les demandes de permis liées à des terrains de padel sont passées de 53 dossiers en 2021 à 348 en 2024 (soit +113%), avec déjà 295 dépôts recensés sur 2025 au moment du pointage. Autrement dit : l’explosion se lit autant dans les réservations que dans les services d’urbanisme.
Pourquoi les demandes de nouveaux courts se multiplient
1) Un sport compact qui “rentabilise” le mètre carré
Un court de padel prend moins d’emprise qu’un court de tennis, ce qui ouvre le champ des possibles : clubs de raquettes qui densifient leur offre, centres de loisirs qui valorisent un espace sous-utilisé, réhabilitation de bâtiments commerciaux. Dans un pays où le foncier pèse lourd dans l’équation, cet argument fait mouche.
2) Un modèle ultra-social qui remplit les créneaux
Le Royaume-Uni est souvent décrit comme un marché très “communautaire” : le ratio de matchs ouverts (open matches) par rapport aux réservations classiques y est présenté comme particulièrement élevé. Résultat : les clubs ne vendent plus seulement des heures de jeu, ils vendent aussi des rencontres, des événements et des routines hebdomadaires.
3) La bascule vers le couvert (et le “semi-couvert”)
Climat oblige, beaucoup de projets récents cherchent la solution “jouable toute l’année”. Le tout indoor reste la vitrine premium, mais le couvert (structures protectrices, solutions hybrides) séduit parce qu’il limite l’aléa météo tout en essayant de contenir coûts et complexité administrative. C’est aussi une réponse directe aux attentes des joueurs : réserver une partie et être sûr de jouer.
4) L’arrivée des marques et des chaînes
Autre accélérateur : l’entrée de nouveaux acteurs capables d’investir et de dupliquer des modèles. L’exemple le plus parlant côté retail/sport business, c’est Slazenger, portée par Frasers Group (Sports Direct, House of Fraser, Everlast Gyms…), qui a annoncé très tôt une stratégie multi-sites après une première implantation autour de Leeds. Quand une marque historique commence à raisonner en réseau, l’écosystème local (bureaux d’études, fabricants, collectivités, partenaires fonciers) se met en mouvement.
Glasgow, symbole de la poussée au nord
Le boom ne se limite plus à Londres et au Sud-Est. En Écosse, la dynamique est devenue un marqueur : plusieurs opérateurs ciblent désormais des formats plus ambitieux (sites plus grands, davantage de créneaux “year-round”, logique de club-hub). Glasgow est régulièrement citée comme un cas d’école, parce que la ville partait avec une offre historiquement limitée et voit arriver, en parallèle, plusieurs projets et extensions.
Le fond de l’histoire reste le même : quand la demande s’installe et que les créneaux se tendent, la question devient industrielle. Le padel n’est plus une “option” ajoutée à un club, mais un objet d’investissement et de planification à part entière.
Les régions les plus dynamiques : Londres, Manchester, Bristol, Leeds… et après ?
Les “hotspots” reviennent dans presque tous les retours d’opérateurs : Londres reste la locomotive, suivie par des villes où l’écosystème s’épaissit vite (Manchester, Bristol, Leeds). Dans les données de plateforme relayées début 2026, le top 5 cité inclut également Derby, signe que la croissance ne se limite plus aux capitales régionales les plus évidentes.
Pour rester factuel, la cartographie officielle se lit plutôt en grands ensembles (Londres/Sud-Est, Midlands, Nord, etc.). Mais dans la réalité, ce sont les bassins urbains, les zones à fort pouvoir de réservation et les axes de transport qui dictent les décisions d’implantation.
Ce que ce boom change concrètement
- Pour les clubs : la compétition se déplace vers l’expérience (accueil, vie sociale, formats de jeu, pro-shop, restauration) et vers la fiabilité (couvert, lumière, horaires).
- Pour les collectivités : le padel devient un outil de requalification (sites sous-utilisés, friches, parkings) mais impose un cadrage sérieux (nuisances sonores, concertation, accès, intégration paysagère).
- Pour les porteurs de projets : la réussite se joue en amont. Études d’impact, dialogue de voisinage, choix du modèle (outdoor/couvert/indoor), et phasage des travaux deviennent des facteurs décisifs.
À retenir
- La LTA a officialisé le franchissement du cap des 1 000 courts (1 004) en juillet 2025, un jalon symbolique pour un marché encore jeune.
- Le boom “infrastructures” se voit aussi dans les dossiers : Searchland recense une envolée des demandes de permis, avec un pic en 2024 et un rythme élevé sur 2025.
- Les données relayées début 2026 confirment une accélération côté pratique : la demande progresse fortement, et les opérateurs répondent par une multiplication des projets.
- Le nerf de la guerre reste l’acceptabilité locale : bruit, éclairage, gabarit des structures et circulation. En clair, l’urbanisme est devenu l’autre terrain de jeu du padel britannique.
