- Pourquoi le padel est un terrain parfait pour… perdre ses nerfs
- Ce que dit la recherche : jurer ferait tenir l’effort plus longtemps
- Et au padel, qu’est-ce que ça change (vraiment) ?
- Si vous voulez tester : un “mode d’emploi” compatible avec l’esprit padel
- Alternatives “socialement neutres” : même principe, moins de risques
- À retenir
- Sources (à consulter)
Pourquoi le padel est un terrain parfait pour… perdre ses nerfs
Le padel a ce talent particulier : il mélange l’adrénaline du duel, la promiscuité (on s’entend, on se regarde, on se jauge) et la répétition de situations “à bascule” ; point décisif, bandeja mal ajustée, lob trop court, partenaire pris au fond. Résultat : la charge émotionnelle monte vite, parfois plus vite que la lucidité.
Ce n’est pas un hasard si les coachs parlent autant de “routine” et de gestion du stress. D’ailleurs, si vous travaillez déjà votre sang-froid sur les moments clés, vous reconnaîtrez les mêmes mécaniques dans ce décryptage Actu-Padel sur le point décisif : sous pression, la décision devient un geste à part entière.
Ce que dit la recherche : jurer ferait tenir l’effort plus longtemps
Une étude menée autour de l’équipe de Richard Stephens (Keele University) s’est intéressée à un phénomène très concret : l’impact du juron sur une tâche physique exigeante. L’idée n’est pas de “romantiser” l’insulte, mais d’observer si un mot tabou peut modifier l’état mental au moment où l’on force.
Le protocole (simple, mais parlant)
- Deux expériences, avec 192 participants au total.
- Exercice : un “chair push-up” (soutenir son poids avec les bras sur une chaise).
- Consigne : répéter toutes les deux secondes soit un juron choisi, soit un mot neutre.
Résultat rapporté : les participants qui juraient tenaient la position plus longtemps, avec un gain mesuré autour de 10 à 11% selon les synthèses disponibles.
Le mécanisme avancé : la “désinhibition”, pas la colère
Le point intéressant, c’est l’explication proposée : le juron agirait comme un déclencheur d’état mental, en favorisant une désinhibition temporaire. En clair : moins d’auto-censure, moins de “je me retiens”, plus d’engagement immédiat.
Autre détail qui compte : les chercheurs ne mettent pas en avant un simple mode “fight or flight” (la montée d’adrénaline classique). Dans des travaux et commentaires associés, l’hypothèse “colère = performance” n’explique pas tout ; on parle plutôt d’un basculement vers un état plus fluide, type flow, où l’on agit davantage qu’on ne rumine.
Et au padel, qu’est-ce que ça change (vraiment) ?
Transposer un test sur chaise à une volée de padel serait une erreur. On n’a pas “prouvé” qu’un juron améliore votre vibora ou votre lecture de vitre. En revanche, l’idée d’un mot-cue qui fait basculer l’engagement peut parler à tous ceux qui se crispent sur les points importants.
| Atout | Détail |
|---|---|
| Déclic d’engagement | Un mot tabou peut couper net l’hésitation et relancer l’intention (“j’y vais”), utile après une faute qui vous fait reculer mentalement. |
| Focus immédiat | Les participants rapportent davantage de concentration et moins de distractions : intéressant quand la tête s’éparpille après deux fautes d’affilée. |
| Confiance et flow | Le juron est associé à une hausse de confiance perçue et à un état plus “immersif”, ce qui colle aux passages où l’on joue relâché, sans calculer. |
| À manier avec tact | Sur un court, le coût social existe : partenaire, adversaires, enfants à côté… Le contexte peut annuler le bénéfice mental si vous vous sentez “hors-jeu” après coup. |
Les 3 situations où ça peut aider (sans devenir un spectacle)
- Après une faute “bête” au filet : pour éviter la spirale “je n’ose plus” et repartir sur une intention simple au point suivant.
- Sur un point décisif : comme un bouton “reset” très court, à condition qu’il ne parasite pas la routine (respiration, plan de jeu, zone visée).
- Au retour de blessure ou de crainte : si votre frein, c’est l’hésitation plus que la technique, un mot-cue peut aider à s’engager (avec prudence).
… et les 3 pièges à éviter au padel
- Le juron dirigé vers quelqu’un : là, vous passez de l’auto-stimulation à l’agression. Ambiance plombée, match gâché.
- Le volume : si tout le club se retourne, votre cerveau vient de perdre le match de l’attention.
- L’habituation : à force d’en faire un automatisme, l’impact émotionnel peut diminuer (et donc l’effet potentiel).
Si vous voulez tester : un “mode d’emploi” compatible avec l’esprit padel
L’idée n’est pas de transformer la piste en ring verbal. Si vous êtes curieux, faites-le comme un outil de préparation mentale — discret, cadré, et réversible.
Règles simples (et efficaces)
- Un mot pour vous, pas contre les autres : choisissez un mot-cue (tabou ou non) qui vous remet dans l’action.
- Entre les points uniquement : jamais pendant l’échange, jamais au service adverse.
- Testez en entraînement : notez si vous vous sentez plus engagé… ou juste plus nerveux.
Alternatives “socialement neutres” : même principe, moins de risques
Vous jouez en club familial, ou vous n’avez pas envie d’entrer dans le débat ? Vous pouvez viser le même effet (engagement + focus) avec des déclencheurs plus neutres : “allez”, “go”, une expiration marquée, un rituel court (regard zone, mot-clé tactique, respiration).
À retenir
- La recherche suggère qu’un juron peut améliorer une tâche de force/endurance, avec un effet observé autour de 10–11%.
- Le mécanisme mis en avant est surtout mental : désinhibition, confiance, focus, état de flow.
- Au padel, ce n’est pas une baguette magique technique : c’est, au mieux, un “reset” d’engagement sur les moments chauds.
- Le contexte social compte : connaître son environnement (club, tournoi, public) évite que le remède devienne un problème.

