Trois raquettes, un Swoosh et quelques secondes de vidéo ont suffi à installer un procès express. Depuis leur apparition au NOCTA Manor, les modèles Nike Command, Attack et Balance sont comparés à certaines palas Drop Shot, au point de faire naître une accusation de plagiat. Pourtant, le dossier repose surtout sur des ressemblances visuelles et des interprétations en chaîne, pas sur une présentation technique ou commerciale officielle.
Des images virales, mais très peu de faits établis
Le point de départ est connu : lors d’un événement privé lié à Drake et à NOCTA, trois raquettes portant le logo Nike ont été montrées. Actu Padel avait déjà détaillé les modèles Command, Attack et Balance, en rappelant qu’aucun poids, équilibre, type de mousse, composition carbone ou calendrier de vente n’avait été communiqué.
La vidéo publiée sur Instagram a ensuite servi de carburant à la polémique. Certains internautes ont rapproché les silhouettes, les ponts et les perçages de références déjà connues chez Drop Shot. La comparaison peut nourrir une discussion sur le design industriel. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir un plagiat. Une forme proche ne prouve ni l’origine du moule, ni l’identité du fabricant, ni le statut final du produit.
Nike a-t-il réellement plagié une raquette de padel ?
À ce stade, la réponse honnête est non : rien de public ne permet de l’affirmer. Dans le matériel de padel, les marques ne fabriquent d’ailleurs pas toujours seules leurs raquettes. Conception sous licence, production externalisée, moules partagés ou adaptés : l’industrie fonctionne souvent par partenariats. Sans fiche produit, déclaration de Nike, prise de position de Drop Shot ou document établissant une copie non autorisée, le mot « plagiat » relève pour l’instant davantage du verdict social que du fait démontré.
La prudence s’impose d’autant plus que Nike n’a pas annoncé de collection de palas. La marque référence déjà le padel dans son univers NikeCourt, mais son offre officielle reste surtout composée de textile, chaussures et accessoires. Passer de prototypes événementiels à une gamme distribuée suppose des tests, un réseau commercial, un service après-vente et une stratégie de joueurs sous contrat.
Le vrai sujet : une opération d’image parfaitement réussie
La séquence dit finalement moins de choses sur une éventuelle copie que sur la puissance culturelle du logo Nike. Une marque spécialisée aurait présenté trois prototypes similaires sans provoquer la même déflagration. Ici, chaque détail devient indice, chaque rapprochement devient certitude et chaque publication relance la machine.
Le buzz a donc précédé le produit, puis dépassé les preuves. La polémique mérite d’être suivie, surtout si Nike officialise une gamme ou précise ses partenaires industriels. En attendant, parler de raquettes inspirées, de prototypes ou de designs comparés est défendable. Parler de plagiat comme d’un fait acquis ne l’est pas encore.