Pendant des décennies, le centre de gravité du padel mondial était immuable : l’Espagne, et plus particulièrement Madrid ou Barcelone. C’est là que se trouvaient les meilleures académies, les meilleurs entraîneurs et la plus grande concentration de joueurs professionnels au mètre carré.
Pourtant, en ce début d’année 2026, un vent de changement souffle sur le circuit Premier Padel. Des figures de proue comme Jon Sanz, Javi Garrido ou le jeune prodige Javi Leal ont franchi le pas : ils quittent la péninsule ibérique pour poser leurs valises à Dubaï.
Ce n’est plus une simple rumeur de vestiaire, mais une tendance de fond qui redessine la géographie du sport. Mais qu’est-ce qui pousse ces athlètes au sommet de leur art à s’installer aux Émirats arabes unis ? Et pourquoi les joueurs changent-ils si souvent de partenaire ?
Les infrastructures : le luxe au service de la performance
Dubaï ne fait jamais les choses à moitié, et le padel ne déroge pas à la règle. Les joueurs y trouvent un environnement de travail très orienté performance, avec des infrastructures indoor modernes et un niveau de services souvent plus “premium” que dans des clubs historiques.
- Des académies et complexes récents : la ville s’appuie sur des sites sportifs qui accueillent aussi du padel, avec des courts de haut niveau et une logique “service + expérience” très marquée.
- Le facteur météo : l’essentiel de l’entraînement peut se faire en intérieur, dans des conditions stables toute l’année, ce qui facilite la régularité des cycles de préparation.
- Un hub pratique : avec un circuit Premier Padel de plus en plus international, être basé à Dubaï peut être vu comme un choix logistique confortable pour enchaîner certains déplacements, selon les périodes du calendrier.
L’aspect financier : fiscalité et sponsoring
On ne peut occulter la réalité économique du sport professionnel. Le padel grandit, et les joueurs gèrent désormais leur carrière comme des entreprises.
Un cadre fiscal attractif
C’est l’un des arguments les plus souvent cités. Les Émirats arabes unis ne prélèvent pas d’impôt sur le revenu des particuliers, ce qui peut rendre l’installation très avantageuse si le joueur remplit bien les conditions de résidence fiscale et de conformité dans son pays d’origine.
De nouveaux partenaires locaux
S’installer à Dubaï, c’est aussi se rapprocher d’un marché régional où le padel se développe vite. Pour certains joueurs, être sur place peut faciliter des opportunités de sponsoring local ou des collaborations liées à l’écosystème sportif des Émirats, sans que cela garantisse mécaniquement des contrats “plus gros” qu’en Espagne.
La qualité de vie et l’effet de groupe
Le padel est un sport où la psychologie et l’entourage comptent énormément. Le fait que plusieurs joueurs franchissent le pas simultanément crée un écosystème plus rassurant.
- L’effet d’entraînement : quand plusieurs joueurs du top choisissent la même ville, ils conservent des partenaires d’entraînement de très haut niveau à disposition, ce qui aide à maintenir l’intensité et la qualité du “sparring”.
- Sécurité et services : la qualité de vie, l’environnement international et le niveau de services séduisent des joueurs qui veulent optimiser leur quotidien tout en restant dans un cadre très structuré.
Récapitulatif : pourquoi Dubaï gagne le match ?
| Facteur | Avantage Dubaï | Situation en Espagne |
|---|---|---|
| Fiscalité | pas d’impôt sur le revenu aux EAU, sous réserve de résidence fiscale conforme | fiscalité élevée possible sur les hauts revenus, variable selon les régions |
| Infrastructures | offre indoor moderne et services orientés performance | écosystème historique, dense, parfois très sollicité |
| Voyages | hub aérien pratique pour certains enchaînements internationaux | base logique si l’on reste centré sur l’Europe et l’Espagne |
| Sponsors | proximité d’un marché régional en forte dynamique | marché mature, très concurrentiel et déjà partagé |
En conclusion : la fin de l’hégémonie espagnole ?
Si l’Espagne reste le berceau culturel du padel, Dubaï est en train de s’imposer comme un pôle d’affaires, d’entraînement et d’opportunités, à mesure que le sport se mondialise et que le calendrier s’étend.
Reste à savoir si cette concentration de talents aux Émirats portera ses fruits sur le plan sportif : les résultats des prochains tournois Major nous diront si le “choix Dubaï” est un accélérateur de performance… ou simplement une nouvelle façon d’optimiser une carrière.
Pensez-vous que ce départ de certains joueurs vers Dubaï va nuire au niveau du championnat espagnol, ou est-ce une étape logique dans la mondialisation du sport ?
