Une parenthèse padel après la sortie précoce de Miami
Éliminé plus tôt que prévu au Masters 1000 de Miami, Carlos Alcaraz n’a pas filé immédiatement vers la terre battue. L’Espagnol est resté en Floride et s’est offert une respiration du côté du Miami Premier Padel P1, installé au Miami Beach Convention Center. Revenu sur le site pour la deuxième année de suite, il a pris place au premier rang de la tribune VIP aux côtés de Luigi Carraro. Dans les tribunes, il a retrouvé un environnement familier pour tout amateur de sports de raquette : le président de la FIP, David Serrahima pour Premier Padel et Fernando Belasteguin, directeur du tournoi, l’ont accueilli avant une séquence très commentée autour des stars du circuit.
Alcaraz a salué Arturo Coello et Agustin Tapia, mais aussi Mike Yanguas et Franco Stupaczuk. Le décor était idéal pour une sortie à la fois légère et révélatrice de son intérêt grandissant pour le padel. Interrogé sur une hypothétique affiche de gala, le Murcien a lancé, sourire aux lèvres, que lui et Jannik Sinner battraient Tapia et Coello « sans aucun doute ».
La formule relève évidemment de la plaisanterie, mais elle raconte quelque chose : Alcaraz ne cache plus qu’il suit le padel de près, qu’il s’y entraîne quand son calendrier le permet et qu’il apprécie la dimension spectaculaire du jeu, entre vibora, bandeja de contrôle et smash lifté. Carraro l’a d’ailleurs relancé sur le ton de la blague : encore quelques jours d’entraînement, et il finirait par battre tout le monde. Un clin d’œil qui prolonge une habitude naissante, puisqu’Alcaraz avait déjà découvert le padel en direct à Miami un an plus tôt et voulait revivre l’expérience.
Dans la foulée, il s’est même prêté à un petit exercice de casting. Le joueur de tennis le plus gênant à affronter sur un court de padel ? Grigor Dimitrov, pour sa main, ou Alexander Zverev, pour sa taille et sa puissance. Et face aux spécialistes du circuit ? La réponse d’Alcaraz est restée aussi simple que parlante : « au padel, tout le monde ». Une manière de rappeler que, chez les tennismen, la qualité de toucher, la volée et la capacité à finir au-dessus de l’épaule peuvent vite faire la différence, même si le padel reste un sport à part entière avec ses repères, ses vitres et sa lecture tactique.
Sinner répond, Miami sourit
Le plus intéressant, au fond, est venu quelques heures plus tard. En conférence de presse à Miami, Sinner a répondu au défi lancé par son grand rival avec un ton tout aussi relâché : si Alcaraz affirme qu’ils seraient imbattables, alors l’Italien estime surtout que l’Espagnol devrait « courir et jouer pour nous deux ». Sinner a reconnu ne pas être très bon au padel, tout en soulignant la facilité d’Alcaraz dans presque tous les sports. La réplique a prolongé l’échange sans le forcer : entre les deux leaders du tennis mondial, la rivalité sait aussi passer par l’humour.
Pour le padel, la scène est tout sauf anodine. Voir Alcaraz revenir au Miami Premier Padel P1 pour la deuxième année de suite, puis entraîner Sinner dans la conversation, offre une exposition précieuse à un tournoi qui confirme l’ancrage du circuit aux États-Unis. Et sur le fond, le clin d’œil a aussi sa limite : défier les numéros 1 du classement FIP n’a rien d’une simple exhibition. Sur un terrain de padel, avec les vitres, les angles courts et la pression au filet, même les champions du tennis savent qu’il faudrait bien plus qu’une bonne main pour renverser la meilleure paire du monde.


