Clément Geens est désormais 90e mondial au ranking publié le 29 juin 2026, avec 757 points. Dylan Guichard, son partenaire français, atteint lui la 97e place avec 700 points, son meilleur classement en carrière. Cette double progression arrive au bon moment : la paire franco-belge sort d’une demi-finale à Abidjan et enchaîne immédiatement avec le Bordeaux Premier Padel P2.
Geens gagne cinq places et signe son meilleur classement de la saison 2026, même si son record personnel reste une 82e place obtenue en 2025. Guichard gagne deux rangs et entre dans une zone symbolique du padel mondial, celle du top 100 confirmé. Les numéro 1 mondiaux restent la paire Coello/Tapia dans la hiérarchie masculine, mais l’histoire de la semaine se situe plus bas dans le classement : deux joueurs francophones commencent à transformer leurs résultats FIP en vraie position internationale.
Depuis leur titre au FIP Silver de Palerme, puis leur demi-finale au FIP Gold d’Abidjan, les deux joueurs ont surtout changé de statut : ils ne sont plus seulement une paire dangereuse du CUPRA FIP Tour, mais un duo capable de faire douter des équipes installées plus haut dans la hiérarchie.
Un classement qui valide une dynamique
Cette montée s’appuie sur une accumulation récente. À Palerme, Geens et Guichard avaient remporté le FIP Silver en battant les têtes de série 1 Antonio Fernandez et Adrian Marques en finale. À Abidjan, ils ont ensuite atteint le dernier carré du tournoi, dans une semaine plus lourde sportivement et physiquement, avec notamment un gros combat face à Javi Garrido et Lucas Bergamini.
Ce nouveau classement ne sort donc pas de nulle part. Il récompense une séquence où la paire franco-belge a empilé des victoires, confirmé sa solidité sur le circuit FIP et montré qu’elle pouvait rivaliser, par moments, avec des adversaires mieux installés dans la hiérarchie mondiale.
Abidjan, le match référence malgré la défaite
La demi-finale contre Garrido et Bergamini reste centrale dans la lecture de cette progression. Comme détaillé dans notre article consacré au FIP Gold d’Abidjan, le match s’est joué en trois sets : 6-1 pour Garrido/Bergamini, puis 6-3 pour Geens/Guichard, avant un troisième set remporté 6-3 par les futurs finalistes. Le score raconte un écart initial, puis une vraie réponse.
Geens ne masque pas les conditions de départ en Côte d’Ivoire. Arrivés tard, avec une nuit très courte avant leur entrée dans le tournoi, les deux joueurs ont d’abord dû gérer l’adaptation avant de monter en puissance.
Question : Quelles impressions gardes-tu de la semaine à Abidjan ?
« C’était vraiment sympa. C’est un chouette tournoi. On a vraiment bien joué du début à la fin. On est arrivé tard, à l’hôtel à 2h du matin pour jouer le lendemain à 9h, donc la première journée était un peu plus compliquée. Après, on est content d’avoir fait une demi-finale et un gros match contre Garrido et Bergamini. »
Pour Geens, c’est précisément là que se trouve l’information la plus intéressante. La paire ne se voit pas encore au niveau des meilleures associations du monde, mais elle commence à trouver des passages où l’écart se réduit.
Question : Ce match contre Garrido/Bergamini change-t-il votre perception ?
« Ça se joue à quelques petits détails dans le troisième set. C’est aussi pour ça qu’ils sont mieux classés et plus forts que nous. Mais on arrive à montrer, de temps en temps, qu’on n’est pas loin non plus de gagner. C’est vraiment possible, donc c’est encourageant pour la suite. »
Cette nuance compte. Geens ne transforme pas une défaite en victoire morale excessive. Il rappelle l’écart, accepte la hiérarchie, mais pointe un élément concret : sur certaines séquences, la paire belge-française tient la comparaison. Pour un duo qui cherche à s’installer dans le top 100 mondial, c’est souvent le passage obligé avant de transformer les matches accrochés en résultats de référence.
Bordeaux, même adversaire, autre contexte
La suite arrive sans pause. À Bordeaux, Guichard et Geens entrent dans le tableau principal avec une wild-card. Le tirage leur propose Inigo Jofre et Jairo Bautista, deux joueurs situés autour du top 20 mondial et déjà croisés récemment au FIP Platinum du Portugal. Ce jour-là, la paire franco-belge avait perdu 6-0, 7-6, avec un deuxième set beaucoup plus consistant après un départ manqué.
Question : Comment abordez-vous ce premier tour à Bordeaux ?
« Sur papier, forcément, c’est super difficile. Ce sont deux joueurs qui sont aux alentours de la 20e place mondiale. On avait perdu 6-0, 7-6 au Portugal, mais on avait trouvé un peu plus de solutions dans le deuxième set. On va essayer de surfer sur cette dynamique pour faire un gros match. »
Le lien avec Bordeaux est donc évident. Le classement progresse, la confiance aussi, mais l’examen devient plus dur. Dans un P2, les marges sont plus fines, le rythme plus violent et la capacité à bien démarrer pèse davantage. Pour Geens et Guichard, l’enjeu n’est pas seulement de confirmer une place dans le top 100 : il est de montrer que leur série sur le CUPRA FIP Tour peut exister dans un tableau Premier Padel.
Cette progression a aussi une portée belge. Geens reste l’un des repères du padel belge au niveau international, dans une saison où chaque résultat compte pour rapprocher le pays d’une visibilité plus régulière sur les grands tableaux. Son 90e rang ne bat pas encore son record personnel, mais il replace sa trajectoire dans le bon sens. Pour Guichard, le symbole est différent : entrer dans le top 100 avec son meilleur classement donne une valeur très concrète au travail effectué avec Geens depuis plusieurs semaines.
Leur semaine à Bordeaux dira si cette dynamique peut franchir un palier supplémentaire. Mais une chose est déjà acquise : entre Palerme, Abidjan et ce retour face à Jofre/Bautista, Geens et Guichard ne jouent plus seulement pour accrocher des tableaux. Ils commencent à construire une identité de paire capable de déranger plus haut qu’elle.
