Padel féminin à l’ONU : la tribune qui compte
Le padel féminin s’est offert une exposition inhabituelle à Genève. Pas sur un central, pas dans le bruit d’une finale, mais dans l’enceinte de l’ONU, lors d’un événement consacré aux femmes et aux filles dans le sport. Selon la FIP, ce rendez-vous de haut niveau s’est tenu pendant la 62e Session du Conseil des droits de l’homme, avec Qatar Sports Investments, Qatar Foundation et la Mission permanente du Qatar à Genève.
Pour le padel, l’intérêt est ailleurs que dans le protocole : il tient à la place donnée aux joueuses. Qatar Sports Investments, Premier Padel, la FIP et l’IPPA ont utilisé cette scène internationale pour parler de participation, de visibilité, de sécurité et de leadership. Concrètement, pourquoi Qatar Sports Investments compte-t-il ici ? Parce que Nasser Al-Khelaïfi dirige aussi Premier Padel, le circuit qui structure aujourd’hui l’exposition internationale des meilleures joueuses. Et qui portait la parole des athlètes ? Maria Teixidor, directrice exécutive de l’IPPA, représentait les professionnelles, signe que leur voix devient un sujet central dans la construction du circuit.
Professionnaliser, pas seulement exposer
Le message porté à Genève ne se limite pas à une belle photo de famille. Nasser Al-Khelaïfi, président de Qatar Sports Investments et de Premier Padel, a insisté sur la progression du sport féminin, tout en rappelant que l’indépendance économique du jeu féminin reste un chantier. C’est précisément le point sensible : pour grandir, le padel féminin ne peut pas seulement gagner en audience, il doit aussi consolider ses revenus, ses conditions de travail et son pouvoir de décision.
Sur ce terrain, les avancées sont concrètes. La FIP met en avant une dotation égalitaire sur environ 90 % des tournois de Premier Padel, du CUPRA FIP Tour et des Coupes du monde FIP, ainsi que l’accès aux mêmes grands sites, aux mêmes dispositifs médicaux et aux mêmes services joueurs que les hommes. L’accord récent avec WHOOP s’inscrit aussi dans cette logique : mieux encadrer la performance, la récupération et le suivi des athlètes. En toile de fond, le rendez-vous de Genève a aussi rappelé un enjeu très sportif : construire des parcours plus adaptés aux femmes, de la prévention des blessures à l’accompagnement des jeunes joueuses.
Cette professionnalisation se lit déjà dans la hiérarchie sportive. Pour savoir qui domine aujourd’hui le circuit, le classement FIP féminin reste le meilleur repère : il montre des paires installées, des jeunes qui poussent et des équilibres qui bougent vite. Le sujet touche donc directement la compétitivité, la préparation et la durée des carrières.
Un signal pour les joueuses et pour le public
L’exposition photo organisée au Palais des Nations, avec des joueuses professionnelles de Premier Padel, avait une valeur symbolique forte. Elle rappelle que les athlètes ne sont pas de simples vitrines : elles portent le spectacle, les histoires, les rivalités et l’exigence sportive du circuit.
Le calendrier renforce cette lecture. Avec une saison 2026 mondiale, que nous suivons dans notre dossier sur le calendrier Premier Padel 2026, les joueuses évoluent désormais sur des scènes comparables à celles des hommes : Roland-Garros, Foro Italico, grands rendez-vous P1, P2 et Majors. L’annonce d’un prix international dédié aux femmes et aux filles dans le sport, soutenu notamment par Qatar Sports Investments, prolonge cette logique. La prochaine étape sera de transformer cette exposition en modèle durable, capable d’attirer sponsors, médias et nouvelles pratiquantes.
À retenir
- Qatar Sports Investments, Premier Padel, la FIP et l’IPPA ont placé le padel féminin au centre d’un événement international à Genève.
- Le sujet dépasse la visibilité : il concerne aussi les dotations, les infrastructures, la santé, la récupération et la voix des joueuses.
- L’événement a rappelé l’importance de parcours sportifs pensés pour les femmes : prévention, coaching, suivi médical et accompagnement.
- La professionnalisation avance, mais la stabilité économique du circuit féminin reste un enjeu majeur.
