Le padel français féminin va vivre un automne très différent. Pendant cinq saisons, Alix Collombon et Léa Godallier ont verrouillé les Championnats de France avec une autorité rare : cinq participations ensemble, cinq titres consécutifs. La dernière finale, remportée en 2025 face à Jessica Ginier-Barbier et Carla Touly, avait encore rappelé leur capacité à gérer les temps faibles, les changements de rythme et la pression d’un match attendu.
Godallier / Touly, réponse directe à une nouvelle hiérarchie
Le retrait annoncé d’Alix Collombon de l’épreuve nationale change tout. La Lyonnaise, référence historique du padel tricolore, a choisi de concentrer ses efforts sur le circuit international. Pour la course au titre français, cela ne crée pas seulement une place libre : cela casse la paire qui servait de mètre étalon à toutes les autres.
Dans ce contexte, l’association Godallier / Touly apparaît comme la plus logique et la plus solide. Godallier reste une valeur sûre du haut niveau français, avec une expérience forte des grands rendez-vous. Touly, elle, connaît déjà la pression d’une finale nationale et possède le profil d’une joueuse capable d’absorber du rythme, de défendre au fond et de repartir vite dans l’échange.
La réponse à la question centrale est donc assez claire aujourd’hui : oui, Godallier et Touly deviennent les favorites naturelles des Championnats de France 2026. Pas parce que le tableau serait joué d’avance, mais parce que leur association réunit statut, vécu, niveau international et premiers repères communs.
Une paire déjà testée en 2026
Ce duo ne part pas d’une feuille blanche. En janvier, au P2000 de Bordeaux, Godallier et Touly ont remporté le titre en tant que têtes de série numéro 1. La victoire contre Clara Mansart et Marie Rondot, en finale, a donné une première indication : la paire sait tenir son rang, même quand le deuxième set devient plus accroché.
La complémentarité sera l’un des points clés. Godallier apporte son poids de balle, son expérience internationale et cette capacité à faire mal dans la diagonale de gauche, entre bandeja de contrôle, smash par 3 et changement de vitesse. Touly peut offrir de la stabilité, une lecture fine des trajectoires et une présence utile dans les phases de défense longue. Sur le papier, l’équilibre est cohérent.
Il faudra toutefois transformer ce statut en certitude. Être favorites ne garantit rien, surtout dans une compétition nationale courte, où les paires arrivent souvent avec des automatismes travaillés depuis plusieurs mois. Le tableau féminin pourrait aussi profiter de cette redistribution pour se densifier : derrière Godallier / Touly, plusieurs joueuses ont désormais une raison supplémentaire d’y croire.
Un titre qui compterait différemment
Les Championnats de France Seniors 2026 se tiendront du 2 au 4 octobre. Trente-deux paires dames et trente-deux paires messieurs sont attendues pour jouer le titre national. Pour Godallier, l’enjeu sera de prolonger son règne dans une configuration nouvelle, sans Collombon à ses côtés. Pour Touly, l’opportunité est immense : décrocher un premier titre de championne de France après avoir déjà touché la finale.
Le premier signal de Bordeaux a déjà été intégré dans la saison, notamment dans notre analyse du retour de Marie Rondot. Reste désormais à voir si cette dynamique tiendra jusqu’en octobre, face à des adversaires qui savent que la porte du titre national paraît plus ouverte qu’elle ne l’a été depuis longtemps.
À retenir :
- Godallier / Touly s’imposent comme la nouvelle paire favorite des Championnats de France 2026.
- Le retrait d’Alix Collombon relance totalement la hiérarchie féminine française.
- Leur victoire au P2000 de Bordeaux donne déjà du poids sportif à cette association.
