Carolina Orsi, la patronne du moment
Le premier indicateur est simple : l’Italie possède aujourd’hui une vraie tête d’affiche. Carolina Orsi, numéro 28 mondiale FIP et numéro 1 italienne au classement FITP de mars 2026, a remporté fin mars le FIP Silver de Caltanissetta avec Letizia Manquillo, en dominant Emily Stellato et Giulia Sussarello en finale. Une semaine plus tôt, elle disputait déjà la finale du FIP Silver de Parme. Ce doublé finale-titre, sur deux rendez-vous italiens de suite, résume bien son statut : Orsi ne se contente plus d’être la mieux classée de son pays, elle convertit son rang en résultats.
Cette séquence confirme aussi sa place dans la hiérarchie du circuit. Son jeu est installé, avec une vraie gestion des points importants. Pour l’Italie, elle reste la joueuse qui donne le ton et qui rend crédible l’ambition d’exister durablement au plus haut niveau.
Giulia Dal Pozzo, la percée qui compte vraiment
S’il faut isoler la progression la plus marquante du début de saison, Giulia Dal Pozzo s’impose naturellement. À 21 ans, l’Italienne, numéro 58 mondiale et numéro 4 nationale en mars, a signé le coup le plus parlant du printemps au Cancún P2, avec Nuria Rodriguez : une victoire contre Tamara Icardo et Claudia Jensen, têtes de série numéro 5, avant un quart de finale face à Gemma Triay et Delfi Brea. À ce niveau de tableau, on ne parle plus d’une promesse, mais d’une joueuse capable de déranger des paires installées.
Sa montée en puissance ne sort pas de nulle part. En 2025, la FIP la présentait déjà comme l’un des jeunes talents italiens à suivre, au moment de sa wild-card avec Sara Errani à Rome. En 2026, ce potentiel prend une forme plus nette : elle s’est hissée autour de la 42e place de la Race. Dal Pozzo apporte à l’Italie ce que toutes les nations qui grandissent recherchent : une accélération visible, presque mesurable semaine après semaine.
Giorgia Marchetti, la régularité qui densifie le circuit
Le cas Giorgia Marchetti est différent, et c’est précisément ce qui le rend précieux. Numéro 53 mondiale, numéro 3 italienne et 31e de la Race fin mars, elle ne porte pas le récit du gros coup isolé, mais celui de la constance. Finaliste du FIP Silver de Dubaï avec Léa Godallier en février, elle continue d’empiler des semaines utiles et des points qui stabilisent sa saison.
Dans un circuit féminin où les associations bougent vite, Marchetti donne de la tenue à l’ensemble italien. Elle symbolise moins l’explosion que l’installation, moins l’effet de surprise que la répétition du niveau. Et pour un pays qui veut durer, ce profil compte presque autant qu’un titre.
L’Italie change de dimension
Au fond, c’est sans doute là que se situe la vraie bascule. Pendant longtemps, le padel féminin italien a donné l’impression de progresser par touches, avec quelques individualités capables d’exister sans encore installer une dynamique d’ensemble. En 2026, le paysage est différent. Carolina Orsi assume pleinement son rôle de cheffe de file, Giulia Dal Pozzo apporte l’élan d’une joueuse en pleine ascension, et Giorgia Marchetti incarne cette régularité indispensable pour donner de l’épaisseur à une nation sur la durée. L’Italie ne se résume plus à une promesse : elle commence à ressembler à une équipe, à une école, à un pays qui s’organise pour durer sur le circuit.
Ce changement ne sort pas de nulle part. Le bronze européen décroché à l’automne 2025 avait déjà envoyé un signal, tout comme la croissance continue du padel dans le pays et l’installation de Rome comme place forte du calendrier international. Il manque encore à l’Italie la profondeur de banc des grandes références du circuit, à commencer par l’Espagne, mais la tendance est désormais nette : avec des résultats, des profils complémentaires et une base de plus en plus solide, le padel féminin italien n’est plus en train d’émerger. Il est en train de s’installer.
À retenir :
- Orsi reste la référence italienne avec un titre à Caltanissetta et une finale à Parme.
- Dal Pozzo a franchi un cap avec son parcours à Cancún et sa progression au classement.
- Marchetti apporte la régularité qui stabilise le padel féminin italien.
- L’Italie avance désormais avec une vraie densité, pas seulement avec une figure isolée.
