Un Belgian Padel Tour qui ne laisse aucun temps d’installation
À Verrebroek, on entre tout de suite dans le vif du sujet. Pour ce nouveau Belgian Padel Tour, je repars avec mon partenaire habituel, Clément Geens, et on comprend dès l’échauffement que la journée ne se jouera pas dans le confort. Les conditions sont très rapides : les balles fusent, le tapis est usé, les vitres renvoient vite, et chaque lob un peu court devient presque une invitation au smash. Dans ce genre de tournoi, il ne suffit pas d’avoir du jeu, il faut surtout lire le terrain avant les autres.
Pour ceux qui suivent le circuit, le Lotto Belgian Padel Tour et le classement officiel de Padel Belgium donnent tout de suite le ton : on est sur le haut du panier belge, avec des matches qui se jouent souvent sur quelques détails, un point en or bien négocié ou une prise de filet au bon moment.
Au premier tour, on affronte Louis Guibert et Ludovic. Le début de match est un peu moyen des quatre côtés, très honnêtement, parce qu’il faut d’abord apprivoiser la vitesse du terrain. En face, ça tape bien, surtout quand on laisse une balle monter. De notre côté, on essaie donc de simplifier : mettre la pression vers l’avant, jouer plus juste au filet et éviter de donner trop de balles confortables au-dessus de l’épaule. Moi, j’essaie souvent de lober sur la gauche de Louis pour l’empêcher d’installer sa víbora. Ce n’est pas spectaculaire sur tous les points, mais c’est le bon plan de jeu dans ces conditions.
Petit à petit, on tient mieux l’échange, on ferme davantage les angles et on gagne les moments importants. Clément fait déjà très mal dès qu’il peut accélérer au-dessus de la tête, et on finit par prendre le dessus 6/2 6/3. Ce n’est pas encore notre meilleur padel du week-end, loin de là, mais c’est le genre de victoire utile : elle oblige à rester concentrés, à corriger vite et à comprendre ce que le terrain autorise ou interdit.
Un quart plus abouti après trois heures d’attente
Le vrai piège de la journée, ensuite, c’est l’attente. On doit patienter près de trois heures avant de rejouer notre quart de finale face à Maxime De Roose et Maxime De Peuter. Il fait assez froid, le corps se refroidit aussi, et les premiers jeux sont logiquement plus accrochés. On sent pourtant assez vite que si on parvient à mieux organiser nos transitions, le match peut tourner en notre faveur.
Face à une paire capable de contrer fort, surtout avec un gaucher dangereux dans ces conditions, on choisit d’être plus précis : lobs parallèles pour limiter certaines frappes, volées profondes, chiquitas quand il faut casser le rythme, puis montée rapide au filet dès que la balle le permet. Clément fait énormément de dégâts sur les phases aériennes, avec une víbora qui fuse et des smashs joués sans annoncer la direction. De mon côté, j’essaie surtout d’amener de la variation, de calmer un peu les échanges quand ça s’emballe, et de remettre de l’ordre dans les filières.
On prend le premier set 6/3, puis on déroule beaucoup mieux dans le deuxième pour l’emporter 6/1. Là, on retrouve un visage plus sérieux, plus cohérent aussi, contre une vraie bonne équipe belge. La sensation la plus importante, ce n’est pas seulement le score : c’est le fait d’avoir progressé entre le match du midi et celui de la fin d’après-midi. À Verrebroek, il fallait d’abord accepter les conditions, puis hausser le curseur au bon moment. Et sur ce point-là, cette entrée dans le tournoi nous met clairement sur de bons rails pour la suite.