Du créneau féminin à une stratégie de club assumée
Au Royaume-Uni, la question n’est plus seulement d’attirer davantage de joueuses avec quelques animations ciblées. Elle devient un vrai sujet de développement. Le point de départ est clair : les femmes ne représentent encore qu’environ 30 % des pratiquants de padel britanniques. Dans ce contexte, PadelStars a décidé de fixer un cap net : atteindre un équilibre 50/50 d’ici 2027 dans ses clubs. L’opérateur, qui compte déjà 11 sites et six autres en projet, part aujourd’hui d’un taux de participation féminine de 28 %. Le signal envoyé au marché est fort : la mixité n’est plus un bonus marketing, mais un indicateur structurant pour un club qui veut grandir durablement.
Pour porter ce chantier, PadelStars s’appuie sur Fiona Coope, nommée responsable de la participation féminine, avec l’ancienne numéro 1 britannique Ellie Tait en ambassadrice. Leur constat est précis. Les freins ne sont pas uniquement sportifs : manque de confiance sur le niveau, gêne à l’idée d’entrer dans un environnement trop masculin, questions d’image de soi, inquiétudes liées à la sécurité autour des clubs le soir, mais aussi attente sur la qualité des vestiaires et des installations. En réponse, le groupe prépare une palette d’entrées dans le jeu : séances de coaching, tournois, événements communautaires, liens avec les écoles, stages de vacances et parcours juniors. Cette évolution prolonge d’ailleurs d’autres initiatives déjà visibles au Royaume-Uni, comme les événements Empower Padel, les soirées féminines de World Padel Academy à Mansfield ou encore le programme She Rallies de la LTA.
Le 50/50, nouveau test de maturité pour le padel britannique
Cette bataille de la mixité raconte en réalité quelque chose de plus large sur la maturité du padel britannique. Le marché accélère vite : la LTA a annoncé 860 000 pratiquants en 2025, 1 553 courts répartis sur 559 sites et plus de 10 millions de Britanniques intéressés par un premier essai. Dans le même temps, la visibilité du sport continue de grimper avec l’arrivée d’une grande étape internationale à Londres en 2026. Dans ce contexte, viser le 50/50 ne relève pas seulement d’un discours inclusif : il s’agit d’élargir durablement la base de joueuses, de renforcer la vie de club et d’éviter qu’un déséquilibre ancien ne s’installe trop tôt dans un sport encore jeune.
L’exemple de Padel4all à Bracknell montre d’ailleurs qu’une progression rapide reste possible quand le travail est ciblé. Ouvert le 15 décembre 2025, le site a vu l’usage des courts par les femmes et les jeunes filles passer de 22 % à 34,8 % en quelques mois sous l’impulsion de la coach Meghan Ward. Des séances d’initiation réservées, trois entraînements féminins par semaine, un mix-in matinal, une soirée « Padel, Pizza & Prosecco », une future box league féminine et des créneaux pour les plus jeunes ont permis de créer un premier noyau fidèle. C’est précisément ce qui donne de la crédibilité au discours actuel : la parité n’est pas encore atteinte, mais elle cesse d’être théorique. Dans un pays où les projets de nouveaux terrains continuent de se multiplier, cette recherche d’équilibre pourrait devenir l’un des meilleurs marqueurs de maturité du marché. Pour suivre cette montée en puissance, on peut aussi relire notre article sur le boom des nouveaux courts au Royaume-Uni.
À retenir :
- Les femmes représentent encore autour de 30 % des pratiquants de padel au Royaume-Uni.
- PadelStars vise 50 % de participation féminine d’ici 2027 avec une stratégie structurée à l’échelle de ses clubs.
- Padel4all Bracknell a déjà fait progresser la fréquentation féminine de 22 % à 34,8 % en quelques mois.
- La mixité devient un enjeu sportif, social et économique dans le développement du padel britannique.
