Une idée spectaculaire, mais pas anodine
Federico Chingotto, associé à Alejandro Galán et installé parmi les tout meilleurs joueurs du classement FIP, a avancé une idée radicale : supprimer les têtes de série et laisser le tirage au sort décider de tout. Il ne s’agit pas, à ce stade, d’un projet officiel de Premier Padel ou de la FIP, mais d’une proposition qui relance un vrai débat sportif.
Concrètement, un tel système bouleverserait trois repères majeurs du circuit :
- plus de protection automatique pour les meilleures paires ;
- plus de tableau construit autour du classement ;
- la possibilité de voir Tapia / Coello contre Galán / Chingotto dès un premier tour.
Pour les fans, l’effet serait immédiat : des affiches énormes plus tôt dans la semaine et une tension accrue dès les premiers tours. Mais le revers existe aussi : si plusieurs favoris s’éliminent trop vite, les finales pourraient devenir moins lisibles pour le grand public.
Le classement FIP, base de l’équilibre actuel
L’idée touche à l’un des piliers du sport professionnel : la récompense de la régularité. Aujourd’hui, les points FIP ne servent pas seulement à établir une hiérarchie symbolique. Ils déterminent l’entrée dans les tableaux, la position des paires, les exemptions de premier tour et une partie de la lisibilité du circuit.
Le règlement Premier Padel prévoit bien des paires placées selon leur classement combiné au moment du tirage. La réponse directe est donc claire : Premier Padel peut-il supprimer les têtes de série dès 2026 ? Techniquement, seul un changement réglementaire le permettrait. Sportivement, ce serait un virage majeur.
- Le système actuel récompense les paires les plus régulières.
- Il évite que toutes les grosses affiches tombent dans la même partie du tableau.
- Il aide les organisateurs et diffuseurs à construire une progression lisible vers le week-end.
Un modèle hybride plus crédible qu’une révolution
Le débat n’est pourtant pas fermé. Premier Padel cherche encore son format idéal entre Majors, P1, P2 et Finals. Une voie intermédiaire paraît plus réaliste qu’un tirage intégral.
- réduire le nombre de paires protégées ;
- augmenter la part d’aléatoire entre certaines zones du tableau ;
- tester un format spécial sur un événement non classique.
La proposition de Chingotto arrive aussi dans un contexte où le circuit masculin se densifie. Derrière Arturo Coello / Agustín Tapia et Alejandro Galán / Federico Chingotto, des paires comme Lebrón / Augsburger, Stupaczuk / Yanguas, Nieto / Sanz ou Di Nenno / González peuvent transformer un huitième en finale avant l’heure. Les surprises récentes rappellent qu’une tête de série ne garantit rien si le niveau monte dès les premiers tours.
Le vrai sujet est donc moins de supprimer les têtes de série que de savoir quelle dose d’imprévisibilité Premier Padel veut accepter. Trop de hasard fragiliserait la logique du classement ; pas assez d’aléa peut rendre certains tirages prévisibles. Entre les deux, le padel professionnel peut chercher un format plus nerveux, sans renier ce qui fait la crédibilité d’un circuit mondial.
Pour comprendre l’autre versant réglementaire du circuit, Actu Padel a déjà détaillé les règles Premier Padel sur les changements de partenaire. Les textes officiels restent également consultables sur la page documents de la FIP.
À retenir :
- Chingotto propose un tirage totalement libre, sans têtes de série.
- Le règlement actuel protège les meilleures paires via le classement FIP combiné.
- Un modèle hybride paraît plus réaliste qu’une suppression totale à court terme.
- Le débat oppose spectacle immédiat, mérite sportif et lisibilité du circuit.
